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Atterrir à Istanbul c’est arriver la tête à l’envers. Dans les étoiles et sur les lunes. Constellations terrestres perchées sur les milliers  de mosquées qui se hissent dans cette ville de plus de quatorze millions d’âmes –officiellement. Istanbul en une journée c’est une hérésie. Que j’ai pourtant tentée.

J’ai tenté en vingt-quatre heures de m’immerger dans les secrets de l’empire byzantin, j’ai voulu ressentir Constantinople à nouveau et dans une même ville marcher sur deux continents.

J’ai opté pour Sultanahmet, le vieil Istanbul où se situent les mosquées, citernes, palais et autres bazars pour y fixer mon repaire. Par chance, mon hôtel est coquet, portant quelques résonnances orientales et pourvu de portes toutes de bois ciselées, idéalement situé comme début de parcours pour visiter la ville. Les chambres sont petites, voilà pourquoi l’ascenseur est minuscule. Si vos valises ne rentrent pas dans l’ascenseur, c’est qu’elles ne trouveront pas leur place dans la chambre. Ou vice versa. Bref, utilisez l’escalier.

Merial Hotel, Istanbul © Neal Badache

Merial Hotel, Istanbul © Neal Badache

Le Merial Hotel offre une vue panoramique. Sur son descriptif. Mais c’est surtout l’hôtel d’à côté où l’on vous accompagne au matin pour le petit déjeuner qui en offre une. Somptueuse au demeurant. Ces quelques détails pratiques mis à part, le Merial Hotel possède un charme tout stambouliote et une position stratégique entre la Mosquée Bleue, Aya Sofia et la citerne Byzantine.

J’exécute en un tour de force et en une journée les quelques monuments que je ne veux absolument pas manquer. Les Méduses ne m’ont pas changée en pierre lorsque je les ai regardées droit dans les yeux dans la citerne byzantine mais m’ont plutôt charmée, j’ai écouté l’appel à la prière et admiré la couleur dont Klein aurait été jaloux dans la Mosquée Bleue et j’ai naïvement rêvé devant la cohabitation de deux histoires religieuses au cœur d’Aya Sofia.

A Sultanahmet, vous vous trouvez dans le cœur historique de la ville, c’est vrai, et vous vous faites architecturalement, historiquement, culturellement plaisir. Mais vous vous trouvez aussi dans cette zone si riche de monuments, qu’elle en déborde de touristes. Cosmopolite Sultanahmet. Un peu trop gavée de monde à mon goût.

Gül Cay Evy © Neal Badache

Gül Cay Evy © Neal Badache

Prise d’un élan impressionniste, j’ai voulu – en touriste – déjeuner sous le pont de Galata. Un déjeuner sur l’eau serait mon déjeuner sur l’herbe. Si la balade peut être sympathique, je vous déconseille vivement de vous y arrêter. Chacun y va de son anglais le plus cockney possible pour vous proposer des « prix d’amis ». Une notion de l’amitié un brin particulière. C’est là le grand dam des villes en croissance et dont le tourisme est une source importante de revenus. A chaque mètre, on vous interpelle, on vous hèle, on vous appelle, on vous harcèle pour rentrer dans un restaurant. C’est le jeu, je m’y suis prêtée. Je suis entrée. J’ai mangé. J’ai payé. J’ai sincèrement regretté.

Et suis rentrée penaude de m’être faite avoir par mon estomac affamé et mes pieds endoloris d’avoir marché, prié, ôté mes chaussures, puis à nouveau marché, prié, ôté mes chaussures pour enfin marcher, jurer, blasphémer après avoir déjeuné.

Sur le chemin, un peu vexée de n’avoir pas su trouver ma propre route loin des touristes dont les guides font preuve d’une imagination sans bornes pour rassembler leur troupeau : qui de son parapluie, qui de sa fleur –au fusil, qui de ses hurlements stridents, je grimpe jusqu’à mon hôtel.

Gül Cay Evy © Neal Badache

Gül Cay Evy © Neal Badache

D’une boutique à quelques pas devant moi, je vois surgir la lumière d’un néon un peu fragile. Quelques taxis arrêtés. Deux tabourets branlants au dehors. Trois tables en formica ou en bois abimé. Quelques vieux à l’intérieur. Un backgammon, la télé et du thé. Qui aurait cru qu’à la nuit tombée je trouve mon havre de paix au Gül Çay Evy, l’antre des taxis du quartier.  Pas de touristes. Pas de guides. Pas d’accent cockney. Je termine la soirée, buvant mon thé, apprenant le backgammon. Attention, au Gül Çay Evy, on ne parle pas anglais, mais quel bien ça fait !

 

Alemdar mah. Alayköşkü cad. No:6
Sultanahmet, Old City Sultanahmet
Istanbul, 34110
Turquie
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