Nicolas Bouvier reste pour de nombreux routards une référence du récit de voyages. Journaliste dans différents canards genevois, en Suisse dont il est originaire, Nicolas Bouvier a contracté le virus du voyage dès sa jeunesse. Il s’est évertué à nous transmettre ses impressions à la fois les plus brutes et les plus véritables dans ses récits, pour nous inoculer cette maladie qui est, pour nombre d’entre nous et fort heureusement, incurable.

Une leçon de voyage : l’Usage du monde
Sans être son premier véritable voyage, l’Usage du monde ne concerne qu’une partie du voyage effectué par Nicolas Bouvier avec Thierry Vernet. Le livre décrit les aventures de nos deux compagnons entre Belgrade à Kaboul et cette expérience marque l’ouverture de Nicolas Bouvier aux nouvelles cultures, au monde qui l’entoure.
De juin 53 au printemps 54, Thierry Vernet et Nicolas Bouvier parcourent la Yougoslavie, la Turquie, l’Iran et le Pakistan à bord d’une simple Fiat Topolino qu’ils feront souffrir sur les pistes défoncées de ces lointains ailleurs. Pour gagner un peu d’argent, Thierry Vernet vend des peintures et Nicolas Bouvier envoie des articles à des journaux suisses ou officie comme écrivain public, précepteur selon les occasions. Une vie au jour le jour que l’auteur nous fait partager, aux cotés de ses peines, de ses doutes et de ses découvertes…
Un hymne au slow tourisme…
Bien que cette expression n’existât pas à cette époque, lire et relire l’Usage du monde vous fait prendre pleinement conscience que lorsque l’on parle de voyage, on parle du trajet pour se rendre d’un point A à un point B. Le voyage n’est pas un lieu ou une destination, c’est une période, un chemin parcouru ou à parcourir. Le voyage est dynamique, c’est un flux et non un stock.
En cela, Nicolas Bouvier attire notre attention sur le fait que la richesse d’un voyage est corrélé à sa durée, au temps que l’on prend pour s’imprégner des lieux que l’on traverse et des personnes que l’on rencontre. Aussi, il fait régulièrement l’éloge du temps qui passe et savoure chaque seconde de son épopée en faisant régulièrement référence à cette notion intrinsèque qu’il lui arrive pourtant d’oublier.
« Assez d’argent pour vivre neuf semaines. Ce n’est qu’une petite somme mais c’est beaucoup de temps. Nous nous refusons tous les luxes sauf le plus précieux : la lenteur. » Nicolas Bouvier.
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